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Libertés numériques

Résister à la censure qui vient

Juillet 2026 · 8 min

Surveillance numérique, libertés fondamentales et alternatives décentralisées.

Avant-propos

La multiplication des efforts du gouvernement, soutenus et approuvés par l’Union européenne, vise à s’immiscer toujours plus profondément dans notre vie privée. Sous couvert de protection des enfants, des lois de plus en plus intrusives sont mises en place, permettant aux autorités d’exercer un regard omniscient et de plus en plus précis sur qui fait quoi, et comment, sur Internet.

Cela peut, de prime abord, paraître légitime face aux dérives du monde numérique. Pourtant, si nous ne prêtons pas une attention rigoureuse aux méthodes déployées et si nous ne résistons pas à ces démarches autoritaires, nos libertés seront concrètement menacées.

Les principales libertés atteintes

Projet « Chat Control 2.0 »

Toujours en négociation (trilogues). La version initiale prévoyait des obligations de détection pouvant s’étendre aux communications chiffrées (scan côté client). Face à l’opposition (Allemagne, Pays-Bas, experts en cryptographie, organisations de droits numériques), le texte a été assoupli : plus d’obligation générale de scan des messages chiffrés, mais renforcement des évaluations de risque, mesures de mitigation, vérification d’âge et détection volontaire. Aucun accord politique final n’est confirmé à la fin juillet 2026.

Projet de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux

L’objectif affiché (protéger les mineurs) est légitime. En revanche, le choix de rendre la vérification d’âge obligatoire pour l’ensemble des utilisateurs d’un service de communication transforme une mesure de protection des enfants en un mécanisme généralisé de contrôle d’identité en ligne. Cela affaiblit structurellement plusieurs libertés fondamentales, notamment l’anonymat, la vie privée et la liberté d’expression, en faisant de la preuve d’identité la condition d’accès à l’espace public numérique.

Libertés et droits menacés

  • Droit au respect de la vie privée (article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ; article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE)
  • Secret des correspondances et confidentialité des communications
  • Droit à l’anonymat (ou à la pseudonymie) en ligne
  • Liberté d’expression et d’information (article 10 CEDH ; article 11 de la Charte)
  • Droit à la sécurité des communications (et au chiffrement)
  • Protection des données personnelles (article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE + RGPD)
  • Liberté de communication et d’association
  • Droit à l’anonymité relative et à la liberté de communication
  • Égalité et non-discrimination
  • Présomption d’innocence

Ces dispositifs ne se limitent pas à « lutter contre les pédocriminels » (Chat Control) ou à protéger les mineurs (loi française). Ils créent une infrastructure technique et juridique qui affaiblit structurellement plusieurs libertés fondamentales simultanément. Même lorsque le but affiché est légitime, la méthode (surveillance large plutôt que ciblée) transforme un outil de protection en potentiel instrument de contrôle social.

Résistez plutôt que de choisir la facilité

Le traitement dominant réduit le débat à un arbitrage simpliste « protéger les enfants » contre « quelques risques de vie privée » au lieu d’examiner frontalement les libertés fondamentales réellement en jeu : anonymat, secret des correspondances, présomption d’innocence et liberté d’expression. Les critiques les plus rigoureuses, qu’elles soient techniques ou structurelles, sont systématiquement reléguées au rang de positions minoritaires, excessives ou politiquement suspectes.

Comment résister ?

Le protocole Nostr

Nostr (acronyme de Notes and Other Stuff Transmitted by Relays) est un protocole de communication ouvert et décentralisé, conçu pour créer un réseau social résistant à la censure.

Nostr repose sur une idée très simple :

  • Les clients : les applications que tu utilises (Damus, Amethyst, Primal, Coracle, etc.).
  • Les relays : des serveurs simples qui stockent et retransmettent les données. N’importe qui peut en héberger un, avec ses propres règles.

Chaque utilisateur est identifié uniquement par une paire de clés cryptographiques :

  • La clé publique (npub) = ton identité.
  • La clé privée (nsec) = ce qui te permet de signer tes messages. (Ne pas partager cette clé.)

Points forts :

  • Résistance à la censure : si un relay te bannit, tu en changes simplement. Tant qu’il existe au moins un relay qui accepte tes messages, tes abonnés peuvent les recevoir.
  • Simplicité : le protocole de base est volontairement minimaliste.
  • Pas de serveur central, pas d’algorithme opaque imposé.
Nostr n’est pas une plateforme, c’est un protocole ouvert qui permet à n’importe qui de construire des applications sociales (et plus) sans dépendre d’une entreprise centrale. Ton identité et tes données t’appartiennent vraiment.

Comment utiliser le protocole Nostr sur Android ?

  • Installez l’application Primal (client pour le réseau Nostr).
  • Lancez l’application et cliquez sur Create Account.
  • Choisissez un nom et une description pour votre profil.
  • Choisissez si vous souhaitez suivre un groupe d’utilisateurs dans un domaine en particulier.
  • Cliquez sur Create account puis sur Done.
  • Dans les paramètres (Settings → Account), copiez en lieu sûr votre clé publique et votre clé privée — idéalement dans un gestionnaire de mot de passe.
  • Dans les paramètres (Settings → Network), ajoutez les relais francophones : wss://relay.noeudlibre.fr, wss://relay.decentralia.fr et wss://relay.nostrmap.net.
  • Votre profil est actif : vous pouvez publier, rechercher et suivre des personnes sur https://nostrmap.fr/

Ressources

Besoin d’aide ? Je serai ravi de pouvoir vous aider.

Édité par Spirwind — version 1.00, juillet 2026.